Après la conférence de presse du président de la République à propos de la disparition de Pechiney

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Gardanne, le 16 janvier 2008

Le président de la République a affirmé lors de sa conférence de presse du 8 janvier, pour s’en indigner, que Pechiney avait disparu « sans que personne ne lève le petit doigt ».

Lorsque l’OPA d’Alcan sur Pechiney a été annoncée, les organisations syndicales ont interpellé le gouvernement. En tant que maire d’une commune sur laquelle se trouve une usine Pechiney j’avais saisi le premier ministre Jean-Pierre Raffarin pour que le gouvernement — dont le n°2 était... Monsieur Sarkozy — y mette son véto, comme il en avait la possibilité : ni accusé de réception, ni réponse.

Monsieur Prodi que j’avais saisi pour l’UE dans le même temps, s’il a cautionné l’OPA, a eu au moins la courtoisie de me le faire savoir.

L’OPA d’Alcan a été avalisée par le gouvernement français sans contrepartie, avec l’appui des élus UMP locaux dont le député.

Le rachat d’Alcan par Rio Tinto quelques mois plus tard, alors que Monsieur Sarkozy était président de la République, n’a pas suscité plus d’exigences du gouvernement.

Aujourd’hui, 10 000 emplois seraient menacés en France par la vente par Rio Tinto de l’activité emballage, le Président aura donc l’occasion de montrer sa volonté de défendre l’industrie française et son efficacité.

Pour lors, les propos du président ont quelque chose d’indécent.

Les gouvernements successifs auxquels il appartenait ont organisé la désindustrialisation de notre pays. Ce n’est ni par des mensonges ni par des rodomontades que l’industrie française se portera mieux, mais par des choix à l’opposé de ceux préconisés par Monsieur Sarkozy et ses amis. La réalité est là, notre industrie nationale est bradée sur l’autel du profit. Notre détermination reste entière à la défendre dans l’intérêt des salariés et du pays.

Roger Meï
Maire de Gardanne

 

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